Home / Bentley  / 

Essai Bentley Continental GTC V8 S: délices des sens

Bentley Continental GTC V8S

Le système audio Naim délivre une sonorité très claire, mais manque de mediums et de chaleur à mes oreilles. Je n’ai pas été dérangé par de la distorsion, même à forts volumes, mais l’omniprésence du gros subwoofer logé derrière les sièges arrière impose un son basses et aigus qui conviendrait mieux à un Cadillac Escalade en spinners descendant la 405 à Los Angeles qu’à ce cabriolet raffiné.

Bentley annonce un poids de 2470kg, notre exemplaire pointait à 2511 kg (55% sur le train avant, 45% sur le train arrière). Selon Bentley, le cabriolet embarque 175 kg de masse supplémentaire par rapport au coupé GT V8S (2295 kg), signe que des renforts significatifs sont nécessaires pour préserver la rigidité torsionnelle de la caisse. Malheureusement, cet investissement pondéral n’est pas suffisant pour donner à la Continental GTC l’intégrité structurelle attendue d’une telle auto. Que ce soit dans la direction, la base des sièges ou l’encadrement du pare-brise et le rétroviseur intérieur, il n’est pas nécessaire de rechercher des chaussées défoncées pour mettre à mal la structure de la GTC. Le défaut n’est pas rédhibitoire, mais il est difficile d’en faire complètement abstraction. C’est probablement la plus grande carrence de cette automobile.

Bentley Continental GTC V8S Bentley Continental GTC V8S Bentley Continental GTC V8S

Un trait fondamental de l’expérience Bentley est l’effortlessness, soit la disponibilité d’un couple abondant pour propulser l’auto avec vigueur et aise, sans vulgarité. En conditions usuelles, le contrat est rempli. Les évolutions du grand cabriolet bleu s’accompagnent d’un grondement sourd, parfois démonstratif, mais toujours dans les tons grâves. En mode D, la boîte privilégie les bas régimes, mais des relances plus vigoureuses sur autoroute l’amènent facilement à descendre de 8 en 5 pour offrir une réponse vigoureuse à la sollicitation. Le système de désactivation de 4 cylindres à faible charge passe complètement inaperçu, mais semble contribuer à une consommation somme toute raisonnable, 14.5 L/100km sur l’ensemble de cet essai avec un mélange de trajets autoroutiers, urbains et montagneux. Bentley n’a pas équipé la Continental GT V8S de système Stop Start alors que le moteur en est techniquement capable.

Bentley Continental GTC V8S

C’est sur des reliefs plus accidentés et des parcours plus sinueux que la superbe de ce groupe moteur-boîte est plus mise à mal. La séquence est classique: relance en sortie d’épingle ou opportunité de dépassement, mouvement décidé du pied droit, pause, rétrogradage de la boîte, pause, déferlante de couple et ruade vers l’avant. La tare est  commune à toutes les boîtes automatiques à la gestion orientée consommation, et amplifiée par la suralimentation à turbocompresseur. A la décharge de cette Bentley, l’Audi RS6 Avant souffre du même défaut. Là où le contraste est radical, c’est que tout dans une Audi RS6 incite à passer en mode manuel et adopter un style de conduite beaucoup plus proactif, voire incisif. A l’opposé, rien dans la Bentley Continental GTC V8S n’incite à franchir le cap, à commencer par la disposition singulière des palettes, courtes, haut perchées et trop distantes du volant. La nervure proéminente qui court sur la largeur du volant amènerait presque à croire que Bentley cherche à imposer une conduite avec préhension du volant à 10h10 en lieu et place d’un 9h15 bien plus orthodoxe. La direction bénéficierait par ailleurs d’un rapport plus direct, les 2.6 tours de butée à butée donnent l’impression de devoir trop mouliner du volant sur des sections sinueuses alors qu’on aimerait emmener cette grande auto du pouce et du majeur, sans devoir lâcher le volant sauf en cas de manoeuvre serrée. Un système de direction adaptative n’est malheureusement pas disponible en option.

Bentley Continental GTC V8S

L’approche la plus cohérente, la plus satisfaisante, est de considérer cette Continental GTC comme un spa roulant, une approche plus sensuelle et relaxée que la conduite plus sportive auquel les pénitents que nous sommes sont prédisposés. Une automobile qu’on savoure comme de la cuisine fine, une terrasse calme donnant sur un panorama resplendissant.

Abonnez-vous !

Les derniers articles dans votre boîte email 1 à 2x par mois.