Au volant: Tesla Model S. Good Karma ?

Tesla Model S P85

A la découverte du Model S de Tesla.

Je me suis fixé trois objectifs pour cet essai. Tout d’abord, faire plus ample connaissance avec le Model S qui a déjà séduit plus de 120 automobilistes suisses, et en cerner l’agrément de conduite. Ensuite, explorer l’enveloppe de performances : les électriques offrent un couple appréciable dès l’arrêt, mais ont tendance à s’essouffler avec la vitesse. Enfin, me confronter à nouveau avec la réalité de l’approvisionnement en énergie électrique et des contingences de recharge qui vont avec.

Tesla Model S P85

Rendez-vous est pris au Service Center de Winterthur au nord de Zürich, le seul de Suisse avant l’ouverture programmée de centres à Bâle et Genève. Il fait encore nuit en cette fin Novembre, mais le centre est en pleine effervescence, entre la préparation de livraisons de voitures neuves et la monte de roues d’hiver pour certains clients. Toutes les voitures présentes sont des modèles 85, la plupart fortement optionnés. Mon Model S est « rouge », curieusement Tesla n’a pas succombé à l’habitude dans cette industrie de donner des dénominations poétiques aux couleurs, elles sont toutes strictement descriptives. Pas de « rouge rubis », ou « rouge lave », mais simplement rouge.

Cet exemplaire dispose de toutes les options au catalogue à l’exception des sièges additionnels pour enfants à installer dans le coffre. Elle est juste équipée pour l’occasion de jantes de 19’’ « Cyclone » montées en Pirelli Sottozero, en lieu et place des 21’’ « Turbine » incluses dans cette version Performance Plus. Les jantes héritent donc d’une touche métaphorique dont le nuancier a été privé. La ligne est élégante et fluide, classique, presque convenue, avec des accents de chromes prononcés – un peu kitsch à mon goût –  autour des vitres latérales, sur les massives poignées de portières escamotables et les supports des rétroviseurs. Je regrette personnellement qu’il ne soit pas possible de choisir une alternative à cette finition chrome assez clinquante – tout comme le fait que les rétroviseurs en question ne sont pas escamotables, mais je comprends la logique industrielle de limiter les variantes et de plaire à une clientèle nord-américaine pour qui les chromes sont encore à la mode.

Tesla Model S P85

La voiture a été chargée pendant la nuit, le tableau de bord m’indique une autonomie typique de 395km. Sélecteur de marche sur D, et le Model S sort en silence du Service Center. Dès les premiers mètres, des sensations familières me viennent immédiatement à l’esprit. Le silence tout d’abord. Nous l’écrivons depuis plusieurs années, la propulsion électrique est l’expérience ultime en termes de sérénité et de raffinement automobile. L’absence de bruit et de vibration souligne à quel point les moteurs à explosion sont, d’une certaine manière, rustiques dans leur fonctionnement. Cette sensation a longtemps été éphémère, limitées à quelques kilomètres, quelques dizaines parfois, Tesla la promet pour quelques centaines de kilomètres, une petite révolution pour la mobilité individuelle. Le grand volant à jante épaisse me rappelle la Fisker Karma, cette concurrente baroque du sud de la Californie, dont l’échec économique contraste avec le succès médiatique et financier de Tesla jusqu’ici. J’y lis ce même souhait des designers de communiquer tactilement l’importance de l’objet, sensation renforcée par une direction pas trop assistée.  Cap est mis vers le nord, dans la lumière bienvenue d’un soleil rasant.

Tesla Model S P85

L’A4 se transforme rapidement en semi-autoroute, progressant paisiblement vers les chutes du Rhin. A la vitesse légale de 100 km/h, le silence est impressionnant, à peine troublé par quelques bruissements d’air. Le grand diamètre des roues devrait contribuer à filtrer les inégalités mais la fermeté de l’amortissement pneumatique surprend. Les joints de dilatation et déformations se propagent avec sécheresse, j’en suis surpris et recherche un réglage éventuel du châssis dans l’interface multimédia. Hormis les contacteurs de lève-vitres, le sélecteur de marche, le contacteur de feux de détresse, quelques raccourcis sur le volant multifonction et les habituels commodos de clignotants et d’essuie-glace, toutes les fonctions sont configurées ou commandées par le formidable écran tactile de 17 pouces disposé en format portrait.

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Dans: Tesla

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