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Maserati 4200 Gransport - Episode 2

Après une prise de contact, assez rapide, de la Gransport du Speedy Garage, Asphalte a eu l’occasion de passer un peu plus de temps au volant de la bête.

Le complément d’essai comprenait, outre une séance photo extensive, un bout de route avec une Maranello 550 et un petit tour par le Jura et le Marchairuz.

La re-prise en main de la voiture se fait sans difficulté. La Gransport est une voiture « facile », qui ne heurte pas par ses commandes, ses dimensions ou sa position de conduite. Très notable, également, l’effet produit sur les passants, qui se retournent de manière quasi systématique. Le son est toujours présent, plus discret en mode normal, mais nettement extraverti en mode Sport, avec un coup de gaz assez généreux au rétrogradage des vitesses.

Malgré une heure assez tardive dans l’après-midi, rendez-vous est pris avec une 550 Maranello bien connue des lecteurs d'Asphalte. La comparaison peut faire du sens: les deux voitures sont des GT exotiques, même si la Maser vise un créneau un peu différent avec ses 4 places, et se place beaucoup plus humblement sur l’échelle des prix si l’on compare les voitures neuves. Mais, en admettant que vous ayez entre 120 et 150 KCHF à dépenser soudainement, vous auriez sans doute le choix entre une Gransport neuve ou une Maranello avec 4-5 ans d’existence.

Sur les routes du Gros-de-Vaud, il ne semble pas que l’une ou l’autre marque nettement le pas. La symphonie des deux moteurs est un délice aux oreilles, et ne passe pas inaperçue dès que le duo entre dans un village… En accélération, comme en courbe rapide, peu les sépare, même si nous n’attaquons pas avec l’énergie que pourraient y mettre nos illustres confrères d’Evo.

Nous changeons de monture: je passe dans la Maranello, alors que JC embarque dans la Maser, et nous repartons. Evidemment, pour ma première dans une 550, je suis un peu intimidé par le monstre, d’autant que les commandes sont nettement plus viriles que celle de la Gransport, et moins immédiates. La 550 déclenche gentiment son antipatinage alors que nous négocions une bretelle d’accès à une voie rapide… Avertissement sans frais : on badine moins avec ce genre de cheval-là, il faut que je mesure les accélérations si les roues ne sont pas droites, ou si le transfert de masse n’est pas terminé. JC n’a pas l’air d’éprouver le même problème d’accoutumance devant moi, et j’ai un peu de mal à garder la Maserati dans mon viseur. On peut noter, de manière assez amusante, que la Maser semble bondir de quelques mètres en avant à chaque changement de vitesses. Est-ce que finalement ces palettes serviraient à quelque chose ?

Notre essayeur en chef, cependant, sort de la voiture, et ce n’est pas un large sourire que je distingue sur son visage. Visiblement, il n’est pas conquis, à ma surprise… En particulier, la boîte de vitesses le laisse perplexe, et la direction lui semble trop peu communicative. Comme de mon côté, je ne suis pas aussi conquis par la Maranello que je voudrais l’être… Sont-ce deux soupirs de léger soulagement que j’entends alors que nous échangeons à nouveau les véhicules ?

Le bilan n’est donc pas net, Maranello vs Gransport… Cela dépend vraisemblablement aussi de ce que vous attendez d’une GT, et… du temps que vous avez déjà passé à bord d’une 550 !

Le raid vers le Jura correspond de manière pratique à un test des capacités de la Maserati. D’abord sur l’autoroute: la Gransport se comporte sans aucune difficulté, répondant aux sollicitations du pied droit depuis le plus bas des régimes. Sur les routes un peu plus sinueuses, tout va fort bien, les capacités de dépassement sont dans la ligue des sportives de haut de gamme. Pas un camion ou un camping car qui puisse faire obstacle.

Test 1 réussi: arrivée dans le Jura français 8 minutes avant la fermeture du supermarché ! Le test suivant consiste à fourrer 4 sacs de courses dans le coffre… aucune difficulté là non plus. La capacité n’est pas immense, ceci dit, mais… test 2 réussi également, la Maser est bien une familiale…

Ensuite commence la partie la plus intéressante – non sans avoir soigneusement calé les sacs de commissions pour avoir une chance de les retrouver en un morceau. Dans les routes sinueuses qui conduisent à la vallée de Joux depuis Vallorbe, la Gransport est un vrai bonheur. Fenêtre largement ouverte pour bénéficier des échos du V8 sur les parois rocheuses, conduisant plus sur le couple que sur les hauts régimes, la voiture avale les virages à une allure largement… suffisante. Influence des commentaires de JC ? Je sens parfois une certaine difficulté à maintenir un appui stable – quelques corrections au volant s’avèrent nécessaires pour maintenir la courbe.

Après quelques photos autour du lac de Joux, le défi le plus important pour la Maser se profile… le Marchairuz. Pour l’avoir parcouru en Subaru Impreza WRX Sti et Mitsubishi Evo VIII, je sais que ce col comprend une bonne combinaison de virages, freinages, enchaînements qui peuvent mettre à mal plus d’une sportive (et plus d’un conducteur), que ce soit en montée ou à la redescente.

Malheureusement, les cieux choisissent ce moment pour s’ouvrir, et les essuie-glaces ouvrent la voie… pas formidable pour l’attaque du col. Je décide de redescendre, attends que la pluie se calme ... et j’y retourne.

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