Première étape: prendre rendez-vous sur le site internet du DMV local. S’il est possible de se pointer à l’improviste, la queue risque de vous le faire regretter. L’opération vous donne juste le droit d’attendre … moins.
Deuxième
étape: potasser un minimum le California Driver Handbook. Ce document,
l’équivalent du manuel de la LCR Suisse, a la particularité d’être préfacé par
Arnold Schwarzenegger, Gouverneur de l’Etat de Californie, jusqu’en Novembre
2006 du moins. Le PDF fait
une petite centaine de pages, mais passer une heure à le lire en diagonale est
un bon investissement. Le site du DMV propose une brochette de quiz qui aident
à se rôder à certaines questions, probablement un meilleur investissement de
votre temps que de potasser la bible d’Arnold (ci-contre).
Troisième étape: le rendez-vous. Si vous êtes éligibles pour un Social Security Number (SCN), prenez votre carte. A défaut, le visa dans votre passeport donnera preuve de votre existence légal sur la terre des pères fondateurs (un permis de conduire n’est pas une raison suffisante pour obtenir un SCN, inutile d’y perdre votre temps). Votre permis de conduire national sera considéré avec la même bienveillance que votre carte de membre du Club des Amis de la Rillette de Zébu (carz). L’inscription « Licenza di condurre » sur mon bleu y donna soudainement une certaine légitimité, la ressemblance avec l’espagnol, bientôt deuxième langue nationale aux Etats-Unis. Preuve que le canton de Zürich Rhodes Extérieurs (jadis appelé Tessin) et sa deuxième langue (l’italien) peuvent être d’un précieux secours dans les républiques bananières nord ou sud-américaines.
Vous serez ensuite délesté de 25$ cash puis passerez un test de la vue express. Rien de très compliqué, il s’agit de lire avec chaque œil 4 ou 5 lettres suspendues sur un panneau derrière la préposée. Difficile de se louper à moins d’être analphabète ou myope comme une taupe. Changement de guichet pour prendre votre photo (ils s’en chargent, inutile d’en amener une) et vous donner votre fiche d’examen théorique.
Quatrième étape: la solitude de l’isoloir. Trente-six questions, vous avez droit à 6 erreurs. Certaines seront familières (les quiz du site internet), d’autres sont une pure question de bon sens. Restera l’inévitable brochette de questions exotiques qui vous plongera dans des abymes de perplexitude, voire de doute métaphysique. Un exemple, en traduction littérale : « Vous conduisez sur une rue à sens unique. Vous pouvez tourner à gauche sur une autre rue à sens unique :
A) seulement si un signe permet la manœuvre
B) si le trafic sur la rue se déplace vers la droite
C) si le trafic sur la rue se déplace vers la gauche
Avouez qu’il y a de quoi ébranler les esprits cartésiens les plus résolus. Ma réponse fut A, la vérité Schwarzeneggerienne est C. Malgré mes deux autres erreurs, je fus gratifié d’un « welcome to California, sir » rayonnant. L’opération débouche sur l’obtention d’un permis provisoire, un bout de papier qui permet de conduire seul mais valable seulement 3 mois. Le numéro qui vous est attribué est définitif mais il est inutile de vous ruer chez votre assureur pour autant, la date d’obtention du permis est nécessaire: les permis sont valables pour 5 ans, il est donc commun qu'on vous demande la date du dernier renouvellement de votre autorisation d'essuvéiser.