
L’Audi TT fit grand bruit à sa sortie en 1998. Une ligne pure, iconique qui allait lancer la mode des passages d’ailes excroissants. Plus fondamentalement, la TT a aussi été le précurseur d’une tendance à la radicalisation du design automobile, pour le meilleur (parfois pour le pire aussi). Le but n’est plus le consensus, le compromis pour plaire au plus grand nombre. Il faut susciter la passion, la pulsion (d’achat, bien sûr). Audi a ainsi créé un objet culte, un fashion statement, une auto qui se porte plus qu’elle ne se conduit.


Malgré les qualités intrinsèques du 1.8L 20 soupapes Turbo, poussé à 180 puis 225 ch, il a fallu attendre 2003 pour que soit lancé une version V6 équipée du moteur maison à angle fermé (VR6) de 3.2L, le même bloc que celui de la VW Golf R32. Bonus à cette attente, la disponibilité d’une boîte révolutionnaire: la DSG.

Pour rappel, la boîte DSG (Direct Shift Gearbox) est une boîte mécanique à 6 rapports (rien à voir avec une boîte automatique à convertisseur de couple) disposant de 2 embrayages. Alors qu’un embrayage est en prise sur le rapport courant, l’électronique détermine quel est le prochain rapport à passer (supérieur ou inférieur selon différents paramètres) et le prépare. Lorsque la consigne de passer le rapport suivant survient, il suffit d’ouvrir le premier embrayage et fermer le second. Le changement de vitesse est instantané, sans réel débrayage : il n’y a pas un instant où la voiture est en roue libre.
La boîte DSG est probablement la transmission la plus aboutie à ce jour pour une utilisation quotidienne. Un peu avare en sensations, elle ne procure pas les sensations de violence mécanique d’une Ferrari F430 F1 ou d’une BMW M3 SMG2 dans leurs modes sport, c’est plutôt tout le contraire qui est recherché ici. L’absence d’interruption perceptible dans les accélérations vous fait dodeliner de la tête, tant votre subconscient est habitué à anticiper les interruptions de couple au passage de rapports, si courts qu’ils soient, en en raidissant la nuque. Ici, les seuls signes perceptibles sont les mouvements de l’aiguille du compte-tours et le changement de fréquence sonore l’accompagnant.

Le mode par défaut est automatique, comme en témoigne le levier Tiptronic/Multitronic/Etceteratronic, et l’indicateur PRND au tableau de bord. Les rapports montent et descendent automatiquement, mais une simple pression sur les palettes situées derrière le volant (+ à droite, - à gauche, comme c’est – presque - devenu la règle) ou sur le levier de vitesse permet d’imposer ses décisions à tout instant. Le système retombe en mode automatique après 30 secondes d’inaction.
Autre détail agréable, la TT 3.2 DSG rampe au ralenti : lâchez la pédale de frein et la voiture avance (ou recule selon le mode engagé) tout doucement, permettant de manœuvrer aisément. C’est d’ailleurs le seul cas où j’ai pu déceler un très léger inconvénient, une faible vibration lorsqu’on retient la voiture avec les freins alors qu’elle avance au ralenti. Pas de quoi fouetter un chat, encore moins un choix !
Le seul gros défaut qu’on puisse trouver à la boîte DSG est de ne pas être disponible sur ses cousines A4 & A6. A noter que cette technologie est également utilisée sur la Bugatti Veyron et pressentie sur la Porsche 997 Turbo !

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