La confiance aidant, je me risque à écraser la pédale de droite, et là, un autre monde s’ouvre, la poussée est tout simplement phénoménale, la prise de vitesse hallucinante. La voiture se cabre, hésite une fraction de seconde avant de baisser d’un rapport, de lancer les deux turbo-compresseurs et ensuite, le déferlement de Nm sidère. Clairement cette brave dame possède les arguments pour enrhumer le 99% de ce qui roule. Toutes les auto-écoles du monde devraient en avoir une pour inculquer aux élèves la notion du couple d’un moteur. Avec 750 Nm de 1700 à 5600 tr/mn, ce ne sont pas les 2548 Kg de la belle, pesée par nos soins, qui vont entraver sa progression. Le W12 bi-turbo 6l spécifique de 610 ch offre un pouvoir d’accélération et de reprise phénoménal. Le « retard » caractéristique des moteurs suralimentés est en grande partie gommé et ne présente pas de désagréments. Le bruit a manifestement été travaillé et flatte les oreilles des passagers comme des admirateurs en bord de route. A chaque relâchement de pression sur la pédale d’accélérateur, le fonctionnement des soupapes de décharge est accompagné d’une suite de grondements sourds tout à fait enivrants. Ce moteur en W présente la caractéristique d’être le plus petit 12 cylindres au monde et trouve donc aisément sa place sous l’imposant capot avant de notre cabriolet.