Pas de
crainte à avoir cependant, le couple et la puissance sont bien présents. Sur
les intermédiaires, le V8 émet le broaaaaaaaa d’off-shore typique des V8 du
nouveau continent, tractant dès les bas régimes jusqu’à la zone rouge. Le
couple est largement suffisant pour mettre à mal la motricité des gommes
arrières (pourtant généreusement dimensionnées). Sur le sec, les sorties
d’épingle deviennent vite ludiques, une simple provocation du pied droit suffit
à provoquer une légère dérive; la
maintenir est une autre affaire, même en déconnectant l’antipatinage couplé au
contrôle de trajectoire. Il y a là tous les ingrédients de base pour aller jouer
au driftmeister, sur circuit de préférence !
La boîte 6 est précise et rapide mais relativement ferme (rien à voir avec un V12 italien cependant), et les débattements un peu trop longs. L’embrayage semble manquer un peu de progressivité, à moins que ce soit une caractéristique voulue pour rendre les burn-outs plus faciles ? Toujours au chapitre pédalier, le freinage est mordant sur le début de la course, mais les plus exigeants regretteront un toucher un peu spongieux.
Le
comportement routier est sportif et très sain, bien aidé par une répartition
des masses de 51% sur l’avant et 49% sur l’arrière. Amortissement ferme,
direction précise et directe, la voiture a un peu tendance à
suivre les inégalités sur chaussée déformée, comme beaucoup de sportives
chaussant large. Un train avant accrocheur aide à entrer avec confiance dans
les virages, le grip en appui est très bon; on sent cependant l’arrière
s’asseoir un peu sous l’arrivée du couple en sortie de virage, sans que les
changements d’assiette ne deviennent caricaturaux. La prise de roulis est
contenue, l’inertie aux changements d’appui faible et l’équilibre sécurisant au
lever de pied.
La C6 pousse fort, tient la route, freine bien et ne consomme nettement moins qu’on ne pourrait le craindre ! Le registre est étonnamment large entre la balade les cheveux au vent (toit amovible), les longs voyages, suffisamment de précision pour rouler vite proprement, et des dispositions certaines à jouer les hooligans du bitume selon l’humeur (et si les conditions le permettent). Les aspects pratiques rendent l’utilisation au quotidien parfaitement réaliste, malgré une visibilité arrière réduite pour les manoeuvres.

Côté budget, les services se font à intervalles de 15'000 km et, en dehors des frais fixes (RC, taxes) inhérents à la cylindrée, le budget pneu pourrait être un poste à surveiller selon la sensibilité de votre pied droit.
Personnalité, prestations de très bon niveau, les enjeux sont à chercher ailleurs. L’image et le prestige du badge ? Un intérieur qui ne flatte ni la rétine ni le toucher ? Peut-être, mais à ce tarif, la concurrence allemande ou italienne parait bien chère.

Si d’aventure les 400ch de la C06 devaient vous laisser sur votre faim, les premières livraisons de la Z06 (coupé à toit non amovible équipé d’un 7 litres de 500ch) auront lieu en Novembre à un tarif de 107950 CHF, avec pour seules options la peinture métallisé et le système de navigation. La différence tarifaire est conséquente, le niveau de performances devrait l’être aussi (certains n’ont pas hésité à faire la comparaison avec la Ford GT !).
Données
techniques:
Moteur V8 5967cm3, 16 soupapes
Puissance : 404ch à 6000 t/min
Couple : 546 Nm à 4400 t/min
Pneus : 245/40/18 AV, 285/35/19 AR
Poids à vide CE : 1508kg
Consommation en conduite sportive : 15.1L/100km (ordinateur de bord)
Consommation en cycle mixte normalisé CE: 13.0L/100km/h
Remerciements à M. Joseph Zen, chef de vente Cadillac & Corvette chez Tip Top Auto Léman pour le prêt de cette C6. A signaler: une C5 neuve bradée moins de 70’000CHF.
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