LRTV: pour un service public moins nul ?

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Re: No BIllag

Message par Nyrvan » 19 oct. 2017 09:29

ze_shark a écrit :
19 oct. 2017 06:00
Campagne lancée pour la votation du 8 mars prochain: un gros rabais pour éviter le couperet en cas d'acceptation de l'initiative No BIllag.

https://www.letemps.ch/suisse/2017/10/1 ... -no-billag
C’est surtout que tout le monde est maintenant assujetti à la redevance, entreprises y compris via la nouvelle loi sur les télécommunications. L’enveloppe totale ne bouge pas.

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Re: LRTV: pour un service public moins nul ?

Message par dan_r » 19 oct. 2017 10:28

Si on enlève la structure Billag, qui ne sert au final qu'à envoyer des factures, et on facturerait cela via l'impôt fédéral on économiserait une montagne.

Perso la redevance ne me pose pas de problème c'est la façon de la percevoir et les coûts engendrés à ce niveau qui pour moi doivent être corrigés

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Re: LRTV: pour un service public moins nul ?

Message par Hanse » 19 oct. 2017 12:31

dan_r a écrit :
19 oct. 2017 10:28
Si on enlève la structure Billag, qui ne sert au final qu'à envoyer des factures, et on facturerait cela via l'impôt fédéral on économiserait une montagne.
La redevance est une forme de taxe identique pour tout le monde (particuliers et entreprises) pour obtenir un service identique. Si on finance la RTS par l'impôt, chacun paiera un prix différent pour le même service, en fonction de sa situation patrimoniale. Ce serait donc un changement drastique de système et de philosophie dans le financement de la RTS.

Quant à l'intitulé de l'initiative, il est comme souvent réducteur voire trompeur. Il faut lire le texte de l'initiative pour savoir de quoi il retourne. En l'occurrence, il ne s'agit pas simplement de supprimer Billag (ce qui n'aurait pas beaucoup de sens d'ailleurs, cette société ne faisant de prélever la redevance sur mandat de la Confédération). L'initiative prévoit en substance qu'en temps de paix la Confédération n'exploite pas elle-même de radio ou de télévision, que la Confédération ne subventionne pas de radio et de télévision, que la Confédération ou des tiers mandatés par elle ne prélèvent pas de redevance, et que la Confédération met régulièrement des concessions radio/TV aux enchères.

Pour ce qui me concerne, l'initiative ne me convient pas et la situation actuelle non plus. S'il me paraît utile si ce n'est nécessaire d'avoir des radios / télévisions publiques dans les 3 langues officielles, la mission du service public mériterait en revanche selon moi d'être redéfinie. Par exemple, tout ce qui se rapproche de l'information au sens très large du terme me semble clairement une mission de service public essentielle, au contraire de la production et/ou de la diffusion de séries (et de courses de F1 ajouterais-je par provocation sur un forum consacré à l'automobile). Quant au financement, le principe de la redevance me paraît bon, dite redevance devant être adaptée au strict besoin de la mission de service public définie et pouvant être encaissée d'une quelconque manière ne générant pas de frais administratifs inutiles.

J'espère que l'initiative aura au moins le mérite d'ouvrir le débat non seulement sur la question de savoir si l'on veut ou non des radios/TV de service public, mais également, dans l'affirmative, sur la définition de la mission du service public.

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Re: LRTV: pour un service public moins nul ?

Message par blake_ch » 19 oct. 2017 12:39

Bon il ne faut pas oublier qu'il va déjà y avoir un changement au niveau de la perception puisque c'est l'entreprise Serafe SA qui reprend le mandat avec un coût environ 3x moins que Billag ( 17Mio contre 54 Mio ), ce qui permet d'abaisser le montant de la redevance.

Je suis aussi d'avis qu'il faudrait pouvoir transformer le modèle et percevoir la redevance via l'IFD. Faire payer tout le monde, de manière plus uniforme pour que tout le monde profite du service.

Je suis entièrement pour garder le système de redevance, qui parait pour moi essentiel pour nos médias publics. Supprimer cela pour privatiser tous les médias en Suisse transformerait le secteur en vraie jungle publicitaire et avec des lignes éditoriales douteuses. Depuis, les chaines suisses subissent une forte concurrence des pays voisins, et leur couper la redevance n'est pas une bonne idée.

Si encore il y avait un vrai moyen pour dire "Ok vous ne payez pas et vous n'aurez aucun accès aux médias subventionnés par la redevence"... pourquoi pas? Comme ça les irréductibles n'auront plus qu'à regarder leurs vidéos de chat sur youtube dans leur coin. Mais faut pas sur leurrer, nos médias sont omniprésents et on est tous amené à en consulter un de manière régulière.

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Re: LRTV: pour un service public moins nul ?

Message par ze_shark » 19 oct. 2017 13:00

Quand tu écoutes la RTS, tu n'as pas l'impression qu'il y a une ligne éditoriale aussi ? C'est souvent caricatural même si certains émissions font un minimum d'effort.

Un autre argument valable est que le financement de la SSR leur assure un quasi monopole de fait sur la radio et la TV. Je pense que ce monopole amène à la complaisance et nuit à la qualité du service rendu, que je trouve souvent médiocre en comparaison avec les services publics d'autres pays, et que finis par consommer assez peu.

Donc au final, on paie très cher pour un truc très moyen qui empêche l'émergence d'acteurs de qualité.
La presse ne se porte pas super bien, mais elle survit sans service public. Pourquoi en avons-nous besoin d'un pour la radio et la TV ?

Je ne suis pas contre un service public par principe, mais un modèle à la NPR où le service public ne peut tourner sans que les consommateurs y mettent de leur poche me parait nettement plus sain. Ca met une obligation de qualité là où aujourd'hui il n'y en a pas. Et ça se voit et s'entend.

Je paie des radios et journaux américains parce que je veux assurer la viabilité de leur activité journalistique. Ca me coûte une fraction de ma redevance, et le service fourni est incomparable.

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Re: No BIllag

Message par Huntox » 19 oct. 2017 13:49

Nyrvan a écrit :
19 oct. 2017 09:29
ze_shark a écrit :
19 oct. 2017 06:00
Campagne lancée pour la votation du 8 mars prochain: un gros rabais pour éviter le couperet en cas d'acceptation de l'initiative No BIllag.

https://www.letemps.ch/suisse/2017/10/1 ... -no-billag
C’est surtout que tout le monde est maintenant assujetti à la redevance, entreprises y compris via la nouvelle loi sur les télécommunications. L’enveloppe totale ne bouge pas.
Si, un plafonnement à 1.2 milliard a été décidé, ce qui correspond à une diminution de 50 millions par an.
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Re: LRTV: pour un service public moins nul ?

Message par Huntox » 19 oct. 2017 14:43

Comparer la presse et la télévision n'a pas de sens. Il est extrêmement plus coûteux de produire du contenu TV que d'écrire un article.

En parlant de la presse suisse qui s'est mis d'accord sur un ennemi commun, la SSR, attention à la partialité des articles.

C'est totalement illusoire de penser que le monopole de la SSR empêche des acteurs de qualité d'émerger.
La Suisse est un microcosme dans lequel il n'est pas rentable de produire de la télévision, de diffuser du sport ou d'informer.
Aucun média privé ne prendra la relève de la SSR en Suisse en cas d'acceptation de No-Billag.

On ne peut également pas comparer un service public d'un pays avec 4 langues et 8 millions d'habitants avec un autre de 365 millions d'habitant et une langue (USA par exemple). Pour illustrer, le budget annuel de la RTS équivaut au budget mensuel de France Télévision.

Je comprends bien et suis assez d'accord qu'on peut améliorer des choses, mais qu'une chose soit claire, si l'initiative passe, il n'y aura pas de plan B. Il n'y aura plus de service public suisse, ni la plupart des TV et radio privées. (plus de diffusion du sport suisse, plus de soutien à la musique suisse, disparition d'event, quid du patrimoine et archives ? etc...).

Et je me demande si les gens se rendent compte... Dans un pays en guerre ou un régime totalitaire, la première chose que l'on essaie de faire disparaître, c'est la télévision publique. On va le faire en Suisse par voie démocratique et je trouve cela affligeant.
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Re: LRTV: pour un service public moins nul ?

Message par Nyrvan » 19 oct. 2017 16:07

Huntox a très bien résumé la situation : sans redevance, on aura le choix entre TV Blocher/Rikli (elle mène son combat anti SSR uniquement pour ses intérêts privés), radio Tolochenaz ou les médias étrangers. Avec 8 mio de personnes pas foutus de parler la même langue, aucun médias étrangers ne va couvrir les informations suisses avec un tant soit peu de sérieux; économiquement ce n’est pas viable.

Perdre la SSR va être un apauvrissement inimaginable de notre démocratie, de la possibilité de s’informer sur ce qui se passe dans notre pays. Certes, on entendra plus Nantermod raconter une nième fois ces dogmes psychorigides et ultra-libéraux, ni Levrat se plaindre de tout. Mais au final, la perte sera largement plus importante que le coût de la prestation.

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Re: LRTV: pour un service public moins nul ?

Message par ze_shark » 19 oct. 2017 16:57

Certaines disparités peuvent s'expliquer par la faible échelle du pays, c'est vrai, mais il y a un status quo ronronnant qui mérite remise en question.
Est-ce qu'on a besoin d'une télévision publique ET d'une radio publique ? Les US n'ont qu'une radio publique (de haute qualité), mais pas de TV publique.
Les synergies entre radio et télé ont-elles amélioré l'offre ? Ca ne semble pas être le cas.
Est-ce que la mission de la RTS doit inclure le sport suisse ? Le sport étranger ? Est-ce que ces contenus sont au coeur de la mission de la RTS ?
Pourquoi ne pas poser une exigence de financement mixte où la RTS doit gagner une partie de son budget par des offres d'upsell plutôt que d'avoir le cul au chaud ?

Une démocratie a besoin d'une presse (au sens large) libre comme contre-pouvoir. Je n'ai pas vraiment l'impression que la RTS joue ce rôle. Le journalisme combatif vient des groupes de média privés, pas du public. Quel est le dernier exemple de journalisme d'investigation d'envergure provenant de la SSR ?

Malgré les avertissements démocratiques à répétition, la réaction de l'exécutif a été d'adresser un gag (Billag) et de faire un ravalement de façade cosmétique en prenant dans la poche droite (les entreprises) ce qu'on rend à la poche gauche (les ménages).

Un pays a les médias qu'il mérite. Avec la concurrence biaisée de fait par la RTS, la Suisse un paysage audio-visuel dominé par des acteurs médiocres qui produisent un contenu médiocre ou complètement redondant (sport, films).

No Billag est radical, mais l'absence de volonté de réforme est à l'image de l'organe: complaisante.
Voter non, c'est la garantie d'entendre dimanche soir que le peuple suisse "tient à son service public" et que rien, strictement rien ne change.

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Re: LRTV: pour un service public moins nul ?

Message par Nyrvan » 19 oct. 2017 19:25

Il ne faut pas oublier que la loi fixe des misions et surtout des contraintes à la SSR : d’une part elle doit diffuser un éventail du sport suisse, de manifestations culturelles et d’informations nationales. D’autres part, pour éviter de faire trop de concurrence aux privés, elle se trouve limitée dans ses publications web, notamment sur la longueur des articles, ou dans la possibilité d’afficher des annonceurs sur ses pages web ou sur les ondes radio. Elle a aussi des contraintes sur l’information qui doit rester prioritairement nationale, du coup, les champs d’investigations sont plus limités.

Après je suis d’accord avec toi, il n’est peut-être pas nécessaire que la SSR diffuse tous les matchs de Champion’s League (ou les Suisses sont rarement engagés). Mais cela a un mérite, c’est l’universalité de l’accessibilité ! Car si on prend le cas du hockey, depuis que UPC a les droits (a la place de Swisscom), je n’ai plus la possibilité physique de voir les matchs car je n’ai pas le télé réseau dans ma commune (et j’habite pas dans le trou du cul du monde mais sur les hauts directs de Lausanne).

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Re: LRTV: pour un service public moins nul ?

Message par ze_shark » 19 oct. 2017 20:48

Rien n'empêche le CF ou le Parlement de présenter un contre-projet qui remette en question certaines missions de la SSR en alignant le financement. Après le coup de semonce de la LRTV, le choix est plutôt de proposer un do-nothing scenario enrobé d'une perception d'économies. Ravalement de façade, circulez, y a rien à voir. Service politique minimum, tout un symbole.

Pour l'exemple du hockey, à la ligue de s'adapter. Si personne ne veut payer les droits TV, qu'ils les commercialise en pay per view sur internet. Faut plus raconter qu'en 2017, le seul moyen de voir un truc en images est si la RTS le diffuse et que le téléréseau le transmet à ta TV.

La notion selon laquelle la mission d'information nationale ne donne pas de possibilités de journalisme d'investigation est un argument bien mince. Tu crois pas qu'un truc comme l'histoire de ProTell et Cassis aurait dû sortir avant l'élection si la presse avait fait son boulot ? Et ce n'est pas une antenne de la SSR qui l'a sorti me semble-t-il. Rien ou presque ne sort Suisse sauf si Blocher est derrière. Là encore, tout un symbole.

Au niveau cohésion nationale, je n'ai pas l'impression que la SSR change quoi que ce soit au schmilblick. La SRF est en train de suivre la joviale dérive du suisse allemand, on a trois entités qui semble fonctionner en vase clos.

A nouveau, je ne suis pas contre le principe d'un financement public partiel et d'une privatisation idéologique à tous crains. Mais le status quo cul-au-chaud actuel sans la moindre remise en question ressemble à de la complaisance caractérisée.

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Re: LRTV: pour un service public moins nul ?

Message par Nyrvan » 19 oct. 2017 23:16

Pour la cohésion nationale, je suis d’accord avec toi. Avec ou sans la SSR, cela ne changera pas grand chose, malgré les timides tentatives d’unfication.

Pour le hockey, c’est malheureusement le cas ! UPC ne délivre les matchs en pay per view uniquement à ceux qui ont un box UPC/Net+ et rien sur le web (mes parents ont la box et avec leur compte, impossible de voir un match via le web). La raison est simple : vu la taille du marché suisse, UPC (ou Swisscom avec le foot) utilise les sports comme vecteur d’abonnements, car les marges se font sur ceux-ci et pas (ou peu) sur la diffusion. Or les médias étrangers, dans le cas d’une disparition de la SSR, ne vont pas se précipiter sur un marché où les diffuseurs loacaux eux-mêmes ont besoin de ressources issues d’un domaine différent pour perfuser leurs médias. La seule conséquence sera encore un appauvrissement des médias suisses.

Pour l’histoire de Cassis et ProTell, je suis d’accord avec toi, cela aurait dû sortir avant. Mais, ni la SSR, ni les médias privés n’ont réussi à découvrir cela (et on ne peut pas dire que la Weltwoche ou la NZZ manquent de moyens). Pourquoi donc reprocher au service public ce que les privés n’ont pas été capables de faire ?

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Re: LRTV: pour un service public moins nul ?

Message par ze_shark » 20 oct. 2017 06:58

L'affaire Cassis n'est qu'un exemple récent.
Le challenge est de trouver un ou plusieurs contre-exemples à la mesure des moyens et de la position dominante de la SSR dans le paysage médiatique. Me semble que c'est voisin du zéro absolu.
Les rédactions des organes de la SSR me semblent être des suiveurs qui régurgitent des dépêches d'agence, font un boulot très moyen de reporting, et encore plus moyen d'analyse. Un espèce de mégaphone qui peut se contenter du minimum. Tu as déjà entendu un journaliste de la RTS t'apprendre quelquechose sur un sujet que tu crois bien connaître ?

Pour moi, le hockey est comme la F1, le foot ou le tour de France.
La dépendance étroite sur les services publics nationaux pour la retransmission de ce type de contenu tient dans le mot: retransmission. Héritage d'une époque où il fallait de bonnes grosses antennes sur des montagnes pour aroser le brave peuple. On réfléchit en matière de monopole de distribution hertzien alors que tout arrive dans les ménages par fibre (ou par satellite si tu es dans un trou paumé). Le paradigme est obsolète. Il tient de l'époque où le choix était physiquement limité à la TSR, TF1, Antenne 2 et FR3.

Les ligues négocient les droits de diffusion en fonction de leurs intérêts. Rien ne les empêche de les diffuser gratos sur le web, par abonnement, que sais-je. Et si personne ne veut diffuser les matches de hockey du championnat suisse, c'est qu'il n'y a pas d'audience.

Je me répète, mais ce n'est pas pour moi une cause idéologique ultra-libérale. Mais on paie très très cher pour un service médiocre qui refuse de se remettre en question. Je préfèrerais un garot forçant un financement mixte et donc un encouragement à l'excellence, mais à choisir, une plus grosse disruption n'est pour moi de loin pas le cataclysme que certains annoncent ici.

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Re: LRTV: pour un service public moins nul ?

Message par Huntox » 20 oct. 2017 15:19

ze_shark a écrit :
19 oct. 2017 16:57
Voter non, c'est la garantie d'entendre dimanche soir que le peuple suisse "tient à son service public" et que rien, strictement rien ne change.
Tu te trompes, cela fait plusieurs années que la SSR se remet en question et se réorganise (positionnement, optimisation, contenu, mission, etc...) ceci bien avant l'existence de "No Billag" et si l'initiative ne devait pas passer, ce n'est que le début d'une longue épreuve de remise en question du service public en général et de la SSR en particulier. L'UDC, qui est à l'origine de l'initiative, ne se contentera pas de cette initiative si elle ne devait pas passer.

ze_shark a écrit :
20 oct. 2017 06:58
Les rédactions des organes de la SSR me semblent être des suiveurs qui régurgitent des dépêches d'agence, font un boulot très moyen de reporting, et encore plus moyen d'analyse. Un espèce de mégaphone qui peut se contenter du minimum. Tu as déjà entendu un journaliste de la RTS t'apprendre quelquechose sur un sujet que tu crois bien connaître ?
C'est ton avis, mais je ne le partage pas, on dirait que tu fais une description du 20min et je pense que l'information du service publique vaut bien plus que ça, et une fois de plus, si tu compares avec ce qui se fait à l'étranger, il faut garder en tête le budget et le bassin de population (grosso modo 2 millions de téléspectateur pour la Suisse romande, c’est le plus petit marché francophone au monde, plus petit que le Québec ou la Belgique. La France voisine est 33 fois plus peuplée que la Suisse romande.). Je te retourne le problème dans l'autre sens : trouve-moi un exemple de média dans le monde qui a une offre similaire pour l'équivalent du nombre de téléspectateur. (Le NYT, c'est déjà 2.4 millions d'abonnement online).
ze_shark a écrit :
20 oct. 2017 06:58
Pour moi, le hockey est comme la F1, le foot ou le tour de France.
La dépendance étroite sur les services publics nationaux pour la retransmission de ce type de contenu tient dans le mot: retransmission. Héritage d'une époque où il fallait de bonnes grosses antennes sur des montagnes pour arroser le brave peuple. On réfléchit en matière de monopole de distribution hertzien alors que tout arrive dans les ménages par fibre (ou par satellite si tu es dans un trou paumé). Le paradigme est obsolète. Il tient de l'époque où le choix était physiquement limité à la TSR, TF1, Antenne 2 et FR3.

Les ligues négocient les droits de diffusion en fonction de leurs intérêts. Rien ne les empêche de les diffuser gratos sur le web, par abonnement, que sais-je. Et si personne ne veut diffuser les matches de hockey du championnat suisse, c'est qu'il n'y a pas d'audience.
Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris ton propos, mais je constate que tu ne réfléchis qu'en terme de diffusion et tu omets la production de l'événement. Ce n'est pas de diffuser qui est dispendieux, mais bien la production. Aujourd'hui, même si ça dérange, c'est le service publique qui a le savoir faire et la logistique en terme de production, le tour de France est couvert par France Télévision avec des moyens monstrueux, ne suis pas sûr qu'aucune boîte privée en ait les moyens et le savoir-faire. Sans parler que ce n'est pas rentable !

L'exemple du Hockey est parlant, UPC a racheté les droits pour la Suisse, car la SSR n'avait pas envie de surenchérir. Mais qui filme le Hockey pour que les abonnés UPC puissent regarder... la SSR !
ze_shark a écrit :
19 oct. 2017 20:48
Au niveau cohésion nationale, je n'ai pas l'impression que la SSR change quoi que ce soit au schmilblick. La SRF est en train de suivre la joviale dérive du suisse allemand, on a trois entités qui semble fonctionner en vase clos.
C'est faux, à chaque occasion possible, tout est mis en oeuvre pour avoir une synergie entre les régions, optimiser et contrôler les coûts.
Et pour rappel, en Suisse Romande, on ne devrait pas tant faire la fine bouche, puisque on représente 23% du montant global de la redevance, mais en retour, on en touche 33%. Les suisses allemands sont un peu perdants et les suisses italiens bien gagnants.
ze_shark a écrit :
20 oct. 2017 06:58
Je me répète, mais ce n'est pas pour moi une cause idéologique ultra-libérale. Mais on paie très très cher pour un service médiocre qui refuse de se remettre en question. Je préfèrerais un garot forçant un financement mixte et donc un encouragement à l'excellence, mais à choisir, une plus grosse disruption n'est pour moi de loin pas le cataclysme que certains annoncent ici.
Ca peut paraître (très, très, très, ... vraiment ???) cher, je me répète aussi que vu la configuration de la Suisse, ça ne l'est pas tant que ça, surtout en comparaison du coût de la vie avec les pays voisins. Un calcul avait été fait, s'il ne devait y avoir qu'une seule langue en Suisse, la redevance coûterait environ 250.-- (à titre d'exemple, c'est environ 200 euros en allemagne).

Ce ne sera pas un cataclysme, mais le service publique disparaîtra tout simplement, accompagné de 43 chaînes de radio privées et une quinzaine de TV privées qui touchent également une partie de la redevance. Ainsi que la couverture d'une cinquantaine de manifestations, le soutien au cinéma suisse et à la musique suisse, j'en oublie sûrement. Alors oui, la Suisse s'en remettra, mais je pense qu'on aura perdu une de ces institutions qui faisaient que la Suisse est ce qu'elle est.

Prendre le risque de voter oui et de se dire que ce sera mieux après, à mon avis, c'est se marquer un autogoal lamentable et laisser la place libre à TV-Blocher M6 Suisse. Et je pense que certains s'en mordront les doigts. La situation actuelle n'est pas satisfaisante, il faut en débattre, mais pas en supprimant le service publique.
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Re: LRTV: pour un service public moins nul ?

Message par ze_shark » 20 oct. 2017 17:40

Huntox a écrit :
20 oct. 2017 15:19
ze_shark a écrit :
19 oct. 2017 16:57
Voter non, c'est la garantie d'entendre dimanche soir que le peuple suisse "tient à son service public" et que rien, strictement rien ne change.
Tu te trompes, cela fait plusieurs années que la SSR se remet en question et se réorganise (positionnement, optimisation, contenu, mission, etc...) ceci bien avant l'existence de "No Billag" et si l'initiative ne devait pas passer, ce n'est que le début d'une longue épreuve de remise en question du service public en général et de la SSR en particulier. L'UDC, qui est à l'origine de l'initiative, ne se contentera pas de cette initiative si elle ne devait pas passer.
Le seul point de vue que je peux avoir est celui du consommateur externe (et largement insatisfait). Si il y a des efforts, le résultat reste insatisfaisant comparé à la concurrence. Je ne comprends pas pourquoi un journaliste ou un animateur suisse romand est à ce point mauvais en comparaison de son homologue français ou américain pourtant sans doute nettement moins bien payé.
Huntox a écrit :
20 oct. 2017 15:19
ze_shark a écrit :
20 oct. 2017 06:58
Les rédactions des organes de la SSR me semblent être des suiveurs qui régurgitent des dépêches d'agence, font un boulot très moyen de reporting, et encore plus moyen d'analyse. Un espèce de mégaphone qui peut se contenter du minimum. Tu as déjà entendu un journaliste de la RTS t'apprendre quelquechose sur un sujet que tu crois bien connaître ?
C'est ton avis, mais je ne le partage pas, on dirait que tu fais une description du 20min et je pense que l'information du service publique vaut bien plus que ça, et une fois de plus, si tu compares avec ce qui se fait à l'étranger, il faut garder en tête le budget et le bassin de population (grosso modo 2 millions de téléspectateur pour la Suisse romande, c’est le plus petit marché francophone au monde, plus petit que le Québec ou la Belgique. La France voisine est 33 fois plus peuplée que la Suisse romande.). Je te retourne le problème dans l'autre sens : trouve-moi un exemple de média dans le monde qui a une offre similaire pour l'équivalent du nombre de téléspectateur. (Le NYT, c'est déjà 2.4 millions d'abonnement online).
Je ne comprends pas l'argument. Le bassin de population n'a rien à voir avec la prestation du journaliste. Je ne parle pas d'ampleur de la couverture, d'avoir des correspondants sur toute la planète, mais bien des prestations des journalistes et animateurs qui sont là dans leur job. Quelle est la valeur d'avoir un Revaz aux US pour ce qu'il ramène ? Zéro.
Huntox a écrit :
20 oct. 2017 15:19
ze_shark a écrit :
20 oct. 2017 06:58
Pour moi, le hockey est comme la F1, le foot ou le tour de France.
La dépendance étroite sur les services publics nationaux pour la retransmission de ce type de contenu tient dans le mot: retransmission. Héritage d'une époque où il fallait de bonnes grosses antennes sur des montagnes pour arroser le brave peuple. On réfléchit en matière de monopole de distribution hertzien alors que tout arrive dans les ménages par fibre (ou par satellite si tu es dans un trou paumé). Le paradigme est obsolète. Il tient de l'époque où le choix était physiquement limité à la TSR, TF1, Antenne 2 et FR3.

Les ligues négocient les droits de diffusion en fonction de leurs intérêts. Rien ne les empêche de les diffuser gratos sur le web, par abonnement, que sais-je. Et si personne ne veut diffuser les matches de hockey du championnat suisse, c'est qu'il n'y a pas d'audience.
Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris ton propos, mais je constate que tu ne réfléchis qu'en terme de diffusion et tu omets la production de l'événement. Ce n'est pas de diffuser qui est dispendieux, mais bien la production. Aujourd'hui, même si ça dérange, c'est le service publique qui a le savoir faire et la logistique en terme de production, le tour de France est couvert par France Télévision avec des moyens monstrueux, ne suis pas sûr qu'aucune boîte privée en ait les moyens et le savoir-faire. Sans parler que ce n'est pas rentable !

L'exemple du Hockey est parlant, UPC a racheté les droits pour la Suisse, car la SSR n'avait pas envie de surenchérir. Mais qui filme le Hockey pour que les abonnés UPC puissent regarder... la SSR !
L'argument est tout autant valable pour la production que pour la diffusion. Des privés pourraient faire le job, les exemples ne manquent pas La SSR n'est pas incontournable, ni pour la production, ni pour la diffusion. L'argument de disruption technologique est d'ailleurs valable pour les deux. Si le hockey intéresse, pourquoi est-ce que l'audience ne serait pas prête à payer X CHF l'année ou Y CHF en pay per view ? Si l'audience n'est pas prête à payer, c'est que le truc n'a pas de valeur.
Huntox a écrit :
20 oct. 2017 15:19
ze_shark a écrit :
19 oct. 2017 20:48
Au niveau cohésion nationale, je n'ai pas l'impression que la SSR change quoi que ce soit au schmilblick. La SRF est en train de suivre la joviale dérive du suisse allemand, on a trois entités qui semble fonctionner en vase clos.
C'est faux, à chaque occasion possible, tout est mis en oeuvre pour avoir une synergie entre les régions, optimiser et contrôler les coûts.
Et pour rappel, en Suisse Romande, on ne devrait pas tant faire la fine bouche, puisque on représente 23% du montant global de la redevance, mais en retour, on en touche 33%. Les suisses allemands sont un peu perdants et les suisses italiens bien gagnants.
Je ne vois pas le rapport avec la cohésion nationale.
Huntox a écrit :
20 oct. 2017 15:19
ze_shark a écrit :
20 oct. 2017 06:58
Je me répète, mais ce n'est pas pour moi une cause idéologique ultra-libérale. Mais on paie très très cher pour un service médiocre qui refuse de se remettre en question. Je préfèrerais un garot forçant un financement mixte et donc un encouragement à l'excellence, mais à choisir, une plus grosse disruption n'est pour moi de loin pas le cataclysme que certains annoncent ici.
Ca peut paraître (très, très, très, ... vraiment ???) cher, je me répète aussi que vu la configuration de la Suisse, ça ne l'est pas tant que ça, surtout en comparaison du coût de la vie avec les pays voisins. Un calcul avait été fait, s'il ne devait y avoir qu'une seule langue en Suisse, la redevance coûterait environ 250.-- (à titre d'exemple, c'est environ 200 euros en allemagne).

Ce ne sera pas un cataclysme, mais le service publique disparaîtra tout simplement, accompagné de 43 chaînes de radio privées et une quinzaine de TV privées qui touchent également une partie de la redevance. Ainsi que la couverture d'une cinquantaine de manifestations, le soutien au cinéma suisse et à la musique suisse, j'en oublie sûrement. Alors oui, la Suisse s'en remettra, mais je pense qu'on aura perdu une de ces institutions qui faisaient que la Suisse est ce qu'elle est.

Prendre le risque de voter oui et de se dire que ce sera mieux après, à mon avis, c'est se marquer un autogoal lamentable et laisser la place libre à TV-Blocher M6 Suisse. Et je pense que certains s'en mordront les doigts. La situation actuelle n'est pas satisfaisante, il faut en débattre, mais pas en supprimant le service publique.
C'est beaucoup trop cher pour ce que ça vaut qualitativement. Peut-être qu'il faut faire moins mais s'astreindre à le faire beaucoup mieux.
Je n'ai aucun problème à payer pour du contenu de qualité et je le fais, avec des médias étrangers. Etre forcé de payer pour de la médiocrité m'irrite souverainement. C'est pour ça que je plaide, une fois encore, pour une solution de financement mixte qui force la performance et la recherche de la satisfaction de l'audience. Je préfèrerais une évolution progressive qui force la SSR à se remettre en question. Solution qui aurait pu être un contre-projet.

Je consomme des programmes radio qui émanent de radio publiques locales de New York, Philadelphie, Boston, San Francisco ou Chicago. Elles sont toutes soumise à un co-financement par l'audience. La qualité est in-com-pa-rable avec ce que tu peux entendre de 5h à 23h00 sur la RTS. Je veux une radio avec des gens qui en savent plus que moi sur les sujets que je suis ou pense connaître, des gens qui ont qqchose à m'apprendre.

Résultat: dans la liste pléthorique de podcasts que je suis et consomme (et subventionne pour certains), il y en a un de la RTS, le flash info, que j'écoute parfois lorsque je suis à l'étranger.

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