Un projet de circuit dans la Broye Vaudoise a germé au
début de la décennie sous l’impulsion de M. Claude Haldi, président de la
section vaudoise de l’ACS et de Jacques Cornu, ancien pilote de Grand Prix motocyclistes, reconverti dans
la formation.
La communauté régionale de la Broye (COREB) proposa un terrain situé entre Moudon, Lucens et Curtilles, la municipalité de Moudon finança une étude géologique – positive - et le bureau d’étude Tilke, référence internationale en matière de circuits de vitesse, fut mandaté pour fournir un avant-projet.
Le projet a été présenté à M. Jean-Claude Mermoud, conseiller d’état en charge du Département des Institutions et des Relations Extérieures qui chapeaute le Service d’Aménagement du Territoire. L’objectif est d’obtenir un soutien du Conseil d’Etat avant de lancer des investissements dans des études d’impact dont la première tranche est estimée à un demi million de francs. Le soutien de Mme Jacqueline Maurer, cheffe du Département de l’Economie et ex-présidente de l’ACS semble être acquis.
L’objectif de ce projet est un circuit aux normes de sécurité de la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA) permettant la formation des conducteurs privés (en réponse à l’introduction de la formation en deux phases et du permis de conduire à l’essai) et professionnels (police, ambulances, pompiers mais aussi chauffeurs poids lourd) ainsi que des compétitions automobiles et motocyclistes.
A noter qu’à la différence de Chamoson, le projet Broyard a suscité des oppositions tranchées de la part du secrétariat du WWF Vaud et de l’ASDEB (Association pour le développement durable de la Broye).
Un drame, une réaction politique émotionnelle et exagérée, une loi incohérente et obsolète. A titre d’exemple, les épreuves de rallye et les courses de côte, pourtant plus difficiles à sécuriser, sont simplement soumises à autorisation cantonale. L’article 52 de la LCR a, depuis près de 50 ans, rendu économiquement difficile la mise en place d’infrastructures permettant le développement d’un vaste écosystème, allant de la petite et moyenne industrie jusqu’au tourisme et l’événementiel, en passant par les écoles de conduite et la prévention routière.
L’abrogation de cette disposition légale est nécessaire, mais l’association réductrice avec un Grand Prix de Formule 1 très polarisant est une maladresse singulière. Interrogé sur le sujet, Jacques Deschenaux, commentateur des courses de F1 à la Télévision Suisse Romande, estime que « l'argumentation de l'initiative Giezendanner risque de faire capoter le projet. […] L'organisation d'un GP de F1 serait en quelque sorte la cerise sur le gâteau, une cerise bien incertaine compte tenu du nombre de pays candidats et l'absence évidente de volonté politique relative à la F1 en Suisse. »
De son côté, M. Salamin suggère qu’une formulation plus générale aurait été plus heureuse, mais minimise l’impact de cette décision sur le projet du CTA de Chamoson. « Si on autorise la F1, tout le reste [les autres formules] devrait l’être. Dès qu’on parle de F1, les gens sont intéressés. » Même écho du côté de Claude Haldi : impossible de parler de circuit sans que la question de la Formule 1 soit posée. Quitte à construire un circuit, autant qu’il soit aux normes FIA et permette la tenue de tous types de compétitions.
Difficile de douter de la viabilité économique de telles infrastructures, l’agenda des circuits situés dans les pays limitrophes est plein à l’année, notamment grâce à nombre de clubs et associations suisses qui exportent leurs événements, parfois à plus de 600 kilomètres de route de nos régions.
L’impact macro-économique sur la région hôte est difficile à mettre en cause, en prenant à titre d’exemple le Nürburgring où un véritable pôle industriel et touristique s’est développé autour de la Nordschleife, même si des données chiffrées sur l’impact économique pour la région de l’Eiffel manquent. Des synergies avec les hautes écoles de la région (EPFL, HEVs) sont également à exploiter.
Une seule certitude : le rythme caricaturalement lent du processus parlementaire et des démarches administratives offre un contraste saisissant avec le dynamisme qu’on observe chez nos voisins: Lacquais, Lédenon, Adria, Castellet, Magny-Cours, Pouilly, Anneau du Rhin, Charade, Alès et maintenant le circuit de Bresse.
Pourquoi construire ici ce qui existe déjà ailleurs ? Le développement économique trouve ses racines dans des conditions-cadre adéquates et l’exploitation d’opportunités nouvelles. Si les énergies renouvelables sont le futur de la mobilité individuelle, la Suisse romande peut y jouer un rôle d’acteur plutôt que de spectateur.
Un circuit en Suisse Romande - mettez votre voix dans la balance
Discutez de cet article sur le forum Asphalte.ch