Sur route,
les performances sont au rendez-vous, mais au prix d’une attention de tous les
instants sur l’aiguille du (très joli) compte-tours. La plage utilisable est
théoriquement très large, mais le faible couple (211 Nm) oblige à aller
chercher les accélérations dans des régimes élevés. Plus déconcertant, la
courbe de couple est également assez plate, ce qui se traduit par une très
grande linéarité. Certains moteurs creux se font pardonner par une certaine férocité
dans leur plage de fonctionnement optimale (le 4 cylindres VVT-i qui équipe la
Lotus Elise 111R par exemple), ce n’est pas le cas ici. La férocité se situe
plutôt au niveau de la pompe à essence, avec une consommation mesurée de
21.1L/100km pendant l’essai, dans des conditions cependant peut représentatives
d’un usage quotidien. Un appétit rabelaisien pour le sans plomb 95 qui se
traduira par une autonomie réduite (réservoir de 61L), mais pourrait devenir un
peu plus frugal après plusieurs milliers de kilomètres, une fois le moteur
complètement libéré. La boite
est bien étagée et offre un guidage précis et courts, mais en cherchant la
petite bête les verrouillages sont parfois un peu lents.
Déconnectez sans arrière pensée l’anti-patinage couplé au contrôle de trajectoire, la tenue de route est bonne et il est peut probable qu’une déferlante de couple vous mette à l’équerre en sortie d’épingle. Les Bridgestone Potenza RE040 s’accrochent au bitume jusqu’à ce que le train avant finisse par élargir la ligne. L’amortissement offre un bon compromis entre confort et sportivité. Globalement, les prestations dynamiques sont de très bon niveau, sans pour autant vous emmener sur le fil du rasoir caractérisant une sportive radicale.

Si le moteur rotatif est sans conteste une caractéristique polarisante, on peut regretter que Mazda n’ait pu ou voulu mettre un zeste de suralimentation au menu pour donner à cette voiture les performances et, surtout, le caractère mécanique qu’elle mérite. La RX8 permet néanmoins de s’offrir un coupé original et polyvalent à un prix très abordable pour le segment : 46'000 CHF en version de base. La concurrence se situe à des tarifs significativement plus élevés, Honda S2000 ou Audi TT 225 ch sont affichées toutes deux à des tarifs de 10'000 CHF plus élevés, et n’offrent pas les mêmes aspects pratiques. Pour ceux qui sont prêts à sacrifier les places arrières au profit de performances supérieures, une certaine Nissan 350Z (280CH, 363 Nm, 47900 CHF) représente peut-être l’alternative la plus intéressante, à moins d’aller faire votre marché dans les compactes vitaminées type Mégane 225 ou Golf GTI, bien moins originales cependant. Notons finalement que la gamme RX8 débute avec une version 192ch à un prix d'appel de 38500 CHF.

Moteur : rotatif 2 chambres
Cylindrée équivalente : 2616 cm3
Puissance : 231ch @ 8200 t/min
Couple : 211 Nm @ 5500 t/min
Pneus : 225/45R18
Vitesse maxi : 235 km/h
Consommation : 21,1L en conduite sportive, 11.2L en cycle mixte CE
Prix de base: 46'000 CHF (231ch)
Remerciements à M. Chatelain, Directeur de vente d’Auto Carrefour Dorigny S.A pour le prêt de cette RX8 pour les besoins de cet essai.
Texte Jean-Claude Etter / Photos Jacques-Antoine Dayer & Matteo Stucchi