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Essai Audi RS4

A allure civilisée, l’agrément de conduite est excellent, le moteur souple accepte sans rechigner d’enrouler sous les 2000 tours en 5 ou 6ème, le gabarit compact permet une grande maniabilité, avec juste ce qu’il faut de présence acoustique du moteur. Placide, la RS4 se prête à la tâche avec bonne volonté, il n’est même pas trop difficile de respecter les limitations de vitesse.

Pression du pouce gauche sur le bouton S, l’indicateur correspondant apparaît en vert dans le combiné d’instruments, la note d’échappement devient un peu plus grave sans tomber dans la caricature, les réactions au pied droit se font plus franches, la route est déserte, les radars mobiles ailleurs dans le canton. La RS4 tracte honorablement pour une voiture de sa trempe jusqu’à 3000 tours, puis la poussée prend de l’ampleur, sans relâche, et quand la sonorité pousse à jeter un bref coup d’œil au compte-tours, on s’aperçoit qu’il y a encore 2000 tours de bonheur en réserve.

Les performances n’ont pas le côté sauvage d’une berlinette transalpine, il y a quand même plus de 1700 kilos à tirer, mais elles sont de tout premier ordre. Un tel niveau requiert une concentration et une attention de tous les instants, tant les vitesses atteintes sur les rectilignes sont politiquement incorrectes, voire abominables. Les vitesses de passage en virage ne sont pas en reste, le grip est considérable, la prise de roulis minimale pour une berline, et la voiture ne se désunit pas sur chaussée fortement déformée. Pas de plongée au freinage, pas de pompage intempestif sur des compressions. Bienfaits du DRC (Dynamic Ride Control, un limiteur de roulis agissant sur l’hydraulique des amortisseurs) ou simplement mise au point soignée ? J’ai cru apercevoir un bouton à 2 positions à gauche de la colonne de direction, mais avoue, avec regrets, ne pas avoir joué avec le schmilblick. Peu importe car le résultat est probant.

Le bloc 4.2L FSI 32 soupapes avec ses couvre-culasse rouges et son habillage carbonne

Transmission Quattro oblige, la motricité est irréprochable sur le sec et les Michelin Pilot Sport, dans leur monte de 235/35ZR19 en option, composent plutôt bien avec une température hivernale complètement inadéquate pour leur gomme. Poussés à leurs limites, la direction à assistance variable permet de sentir un sous-virage naissant si on ouvre trop en grand, mais l’arrière accepte de se placer légèrement au lever de pied. On reste à distance respectable de la mobilité d’une Evo, mais à ce niveau de puissance et vu la clientèle visée, c’est probablement préférable. Les dossiers de presse faisaient référence à une prépondérance de la répartition du couple sur le train arrière ; difficile à percevoir en réalité, mais la voiture reste intéressante et assez fine en appui, le châssis réagissant avec cohérence à la cavalerie déployée par le 4.2L FSI. Pendant que notre photographe, devenu un peu pâle, va respirer l’air frais en s’adonnant à son vice, la RS4 s’acquitte avec brio de passages répétés sur une grand épingle dont on sort à fond de 2. Freinage appuyé, talon pointe, prise d’appui, on ouvre tôt et on se fait catapulter hors du virage, juste à temps pour passer la troisième. Mention particulière à la boîte de vitesse, remarquable de discrétion et de compétence.

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