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Essai Ferrari 599 GTB Fiorano: l'avis d'un néophyte

Samedi 20 janvier, 8 heures moins le quart, réveil, je m’extirpe du lit. Soudain, la raison de ce lever matinal me décroche un large sourire: j’ai rendez-vous avec objet de luxe aussi rarissime que convoité, la Ferrari de grande série la plus puissante de tous les temps, la 599 GTB Fiorano. Le temps de se préparer, de mettre les plaques sur la BMW afin de comparer l’écart entre les deux V12. Et pour ne pas être trop déçu en faisant le chemin du retour. Le plein fait, départ direction Sion vers 8h45. Tout va bien, je suis dans les temps. Je fais attention de bien respecter les limitations de vitesse, de nouveaux radars étant aussi installés en direction du Valais. Il serait dommage qu’un flash vienne gâcher ce moment. Sur la route, je me sens comme un gamin à l’approche de Noël.

Jacques et moi arrivons au garage Zénith avec un synchronisme impeccable. Au passage, une Ferrari grise est au lavage, oui c’est bien une 599. Est-ce celle-ci ? Probablement, le garage ne devrait pas en avoir beaucoup… et pourtant. Nous sortons le matériel photo. A l’entrée de la concession, un V10 de F1 trône fièrement. Au loin, des Ferrari à perte de vue, F40, F355, 360, F430, 612. Dehors, un son rauque attire mon attention : la 599 vient de faire un passage retentissant devant le garage. Blaise Zuchuat remet les clés de la 599 à Jacques. Nous sommes près à partir pour l’essai. En sortant, je n’ose encore y croire. La Fiorano grise attend devant, fraîchement lavée. Un peu emprunté, je lance à Jacques : « Je te suis avec la BMW » . Il me rétorque de suite: « Là où l’on va, nous avons pas besoin de deux voitures ». Ca y est me voici dans la peau de Marty McFly avant d’essayer la Time Machine.

Je m’assieds dans le siège passager, à bord ambiance de pure GT avec une teinte de course : cuir anthracite et cockpit carbone. Au premier coup d’œil, la finition parait impeccable, en net progrès par rapport à une Modena par exemple. Mais il est vrai qu’on ne navigue pas dans la même catégorie côté tarif. Jacques s’opère à une inspection plus approfondie et relève quelques détails sur la finition de l’italienne : les sièges électriques grincent un peut et se révèlent plutôt lents à manœuvrer. Le cuir entourant le support de la colonne de direction baille légèrement. De plus, un espace important sous ce même support, laisse entrevoir quelques fils électriques. Détails pour moi, mais c’est vrai qu’à CHF 300'000.- et 10'000 km au compteur, ça peut s’avérer préoccupant pour certains.

Un tour de clé, les voyants ainsi qu’un large écran LCD couleur sur la gauche du tableau de bord s’allument. Une pression sur le bouton Auto désactive la commande automatique de la boîte, le bouton magique sur le volant tourné vers le mode pluie (vert) pour commencer. Le bouton Start réveille les premiers chevaux du haras, les 600 autres sommeillent encore. Premier constat la sonorité du V12 dérivé de l’Enzo est très feutré de l’intérieur, on l’entend à peine. Rien à voir avec une Modena ou une F430. Le son est très grave, très rauque. Ca y est, on démarre, avec une souplesse étonnante, en se frayant un passage dans le trafic. En ville, les vitesses sont passées vers 3'000 tours et la boîte F1 ne donne pas d’à-coup. Les piétons se retournent, les conducteurs nous observent attentivement. Nous arrivons tranquillement vers l’entrée d’autoroute, c’est alors que Jacques tombe quelques rapports et plante sur l’accélérateur. En temps que passager, la sensation est inouïe. Mon dos et ma tête sont collés dans le siège très enveloppant, très confortable d’ailleurs. Les 620 pur-sang du cheptel déboulent à toute allure. L’aiguille du compte-tour s’affole jusqu’à plus de 8'000 tours. Les rapports claquent à chaque passage avec un bruit de mécanique de pointe. Le son du moteur lui reste discret, trop même pour des passionnés comme nous. Les 300m de la piste d’accélération sont avalés en quelques secondes. Le constat sur le compteur laisse songeur : déjà 170km/h …

Sur l’autoroute, Jacques teste le mode Race. Les suspensions se raffermissent et les passages de vitesse sont plus brutaux. Un essai de reprise en 6ème nous rappelle que la belle monte à 330 km/h et qu’à 120km/h, la poussée ressemble à ma 850. Mais une fois les rapports tombés, ça n’a plus rien avoir. Dans les voitures que nous dépassons, tout le monde se retourne. Nous rejoignons rapidement la sortie, puis quelques petites routes pour atteindre notre spot photo. Jacques me tend les clés et me lance: « c’est ton tour maintenant ! »

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