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Essai Ferrari 599 GTB Fiorano (suite)

La carrosserie et le châssis sont manufacturés en aluminium. Ferrari avait introduit ce matériau lors de la conception de la F360 Modena et l’a ensuite appliqué à tous ses modèles. Ce châssis spaceframe joue un rôle prépondérant pour contenir le poids de la voiture, malgré tous ses accessoires de confort et sa taille. 1690 Kg en ordre de marche en est le remarquable résultat. Le moteur et le réservoir d’essence de 105 litres sont positionnés entre les essieux, concentrant 85% du poids total de la voiture entre ceux-ci, un net progrès par rapport aux 70% de la Maranello.

A l’intérieur, les sièges sont aussi magnifiques à regarder que confortables, avec réglages électriques complets, y compris coussins latéraux gonflables. La finition semble en progrès par rapport aux standards de la marque, mais pas encore au niveau d’une allemande haut de gamme. J’ai noté un défaut d’assemblage du cuir derrière le volant sous le tableau de bord. A gauche du compte-tour un affichage LCD, très lisible, et paramétrable à l’aide de basculeurs derrière le volant, permet l’affichage des données vitales de la voiture. Il comprend entre autre un chronomètre pour les sorties en circuit.

Que vaut donc toute cette technologie sur la route ? Après quelques kilomètres, à allure normale, la facilité avec laquelle on peut conduire un tel engin frappe. La boite fonctionne parfaitement, en douceur. En ville le mode automatique ne pose aucun problème, les démarrages en côte sont aisés, ne demandent pas de dextérité particulière. Les routes humides et fortement salées de ce mois de janvier ne sont pas trop appropriées à pousser dans ses derniers retranchements une voiture de ce calibre. Il est néanmoins évident qu’un conducteur inexpérimenté pourra se déplacer au volant de cette supercar sans le moindre souci, pour autant qu’il laisse le manettino en mode pluie. La direction est directe, mais un peu trop légère à mon gout. C’est la seule vraie critique qui me vient à l’esprit !

Les freins carbone-céramique qui équipent notre voiture d’essai ne présentent aucun défaut, si ce n’est une pédale manquant de consistance en début de course, ceci étant probablement le résultat de 10'000 km d’essais intensifs, plutôt qu’à un défaut du système. Le comportement est tout simplement remarquable, roulis  pratiquement inexistant, je n’ai pas constaté le moindre sous-virage, et, en sortie de courbe, la possibilité de moduler l’angle de survirage en jouant de la position du manettino. L’inertie semble également en net progrès en comparaison d’une 550 Maranello. Et, bien sûr, il y a ce moteur tout à fait exceptionnel, une rage à n’importe quel régime, et un son dont le volume à l’intérieur est bien atténué, mais qui permet aux passants de profiter de la musique unique d’un V12 Ferrari. Les envolées du compte-tour sont hallucinantes, l’aiguille bondit littéralement jusqu’à la zone rouge. Difficile de trouver un défaut, la poussée est constante, ne faiblit pas jusqu’à la zone rouge perchée à 8400 tr/mn. Il sait aussi se montrer très docile pour une conduite paisible, Dr Jekyl et Mr Hyde en quelque sorte.

Mon temps d’essai touche à sa fin, je roule sur autoroute, en direction du garage, la mort dans l’âme, il ne me reste qu’un tunnel à traverser et ce sera terminé. La tentation est trop forte, je prends la prochaine sortie et me voila au pied d’une route de montagne d’une quinzaine de kilomètres, agrémentée d’épingles et de virages bien connus. Le bas de la montée est bien humide, manettino sur pluie, je reste calme avec mon pied droit en sortie d’épingle, malgré cela je sens le moteur étouffé par le CST, pour quelques courtes secondes, puis le couple vient, toujours aussi jouissif. La voiture reste parfaitement sure, sans le moindre écart malgré mon optimisme qui s’affirme en étant plus tranchant avec la pédale d’accélérateur. Une fantastique démonstration de la technologie de cette voiture. Je peux comprendre que les pilotes purs et durs critiquent les aides à la conduite, mais dans le cas de la Fiorano, elles sont si bien intégrés, et offrent une plage de réglage si large, qu’elles ont tout leur sens.

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