Par Jean-Claude Etter, photos Jacques Dayer
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u terme de 200
kilomètres de départementales françaises, je suis presque en état d’épuisement
nerveux, tant les sensations procurées sont intenses, brutes. Le plus bluffant
est que nous avons à peine effleuré le potentiel de la 430 Scuderia, ses
limites étant inatteignables sur route ouverte, et pourtant mes nerfs
bourdonnent comme ceux d’un nicotinomane après trois semaines d’abstinence. Si
l’essence de l’automobile sportive est l’accord parfait entre sensations pures
et performances, Ferrari est au sommet de son art avec sa dernière création.
Notre périple débute dans les locaux de Modena Cars à Genève. La voiture, drapée de noir mat, évoque l’armement de pointe. Un avion furtif parqué dans une concession de luxe, une arme automatique déposée dans la devanture d’un joailler. En comparaison avec sa devancière, la ligne évolue par touches discrètes avec, comme toujours chez Ferrari, une recherche où la fonction dicte le design, une philosophie sans nul doute héritée de la F1 où seule la performance est belle. Du bouclier avant entièrement redessiné au spoiler arrière plus proéminent en passant par un diffuseur arrière reconçu pour augmenter l’appui aérodynamique en optimisant le flux d’air passant sous la voiture, la Scuderia offre à toutes les vitesses un appui supplémentaire culminant à +30kg à 310 km/h. Le chiffre peut paraître anecdotique, mais il représente un gain de plus de 10% par rapport à une F430 sans recours à des appendices disgracieux ou tapageurs.


Si la course automobile est une religion à Maranello, l’intérieur de la 430 Scuderia est une chapelle dédiée à son culte, avec un superbe mariage entre alcantara surpiqué de rouge et des baquets en carbone revêtus de textile high-tech très réussi, avec rappel sur le ciel de toit. En abaissant les yeux, le regard rencontre l’aluminium du spaceframe laqué couleur titane avec ses soudures apparentes ; l’option pack carbone, visible sur un autre exemplaire, inclut des seuils de porte en carbone, une alternative du plus bel effet qui mérite considération. Ferrari offre de larges possibilités de personnalisation à votre goût (et à votre bourse) par l’intermédiaire de son programme Carrozzeria Scaglietti, mais il faut reconnaître que Ferrari a eu du goût.

Les baquets en carbone à dossier réglable, disponibles dans plusieurs dimensions, offrent un maintien parfait pour ma morphologie, avec un maintien latéral précieux pour aider votre tronc à encaisser les accélérations latérales dont est capable l’auto, et un soutien lombaire bienvenu sur longs trajets. Sanglé par un harnais à 4 points, la position de conduite est excellente, le volant à la jante mixte cuir, carbone et alcantara accueille les deux pouces, les palettes en carbone sont à portée de phalanges (les commodos sont, eux, trop distants). Au centre, à gauche, le démarreur, à droite le manettino et ses cinq positions.
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